Embouchure de la trompette et production du son : Conseils pédagogiques pour l'embouchure de la trompette
Par Dr. Sarah Herbert
Construire une base solide est une philosophie appréciée par les enseignants Suzuki et les professeurs de cuivres du monde entier. Alors que les premières leçons pour les élèves débutants se concentrent généralement sur les éléments essentiels de la respiration et du déplacement de l'air, l'apprentissage de la formation correcte de l'embouchure est l'une des premières techniques nécessaires présentées à un élève débutant. Une attention immédiate à l'entraînement et au renforcement des muscles de l'embouchure permettra de produire une belle sonorité, l'un des principes fondamentaux de la philosophie Suzuki. Bien que la coordination de la respiration et de l'embouchure soit un enseignement introductif essentiel, cet article se concentrera uniquement sur les aspects de l'enseignement de l'embouchure de la trompette et sur les stratégies pour aborder cette technique avec les élèves débutants les plus jeunes.
Tout comme l'approche Suzuki pour d'autres instruments, l'utilisation d'un instrument de petite taille comme une trompette de poche rend souvent la trompette plus accessible aux élèves débutants les plus modestes. De nombreux professeurs Suzuki choisissent de faire commencer les enfants dès l'âge de quatre ans sur cet instrument, puis de les faire passer à un cornet et enfin à une trompette en si bémol de taille normale lorsqu'ils en sont physiquement capables.
Quelle que soit la taille de la trompette ou du musicien, la partie la plus difficile de l'introduction d'un instrument de musique à un débutant est d'apprendre à faire vibrer et à renforcer les muscles de l'embouchure. La vibration des lèvres est l'aspect le plus important de la pratique d'un instrument de musique, car c'est elle qui produit le son. Ces vibrations sont facilitées par l'embouchure. Il faut de la patience, du dévouement et de la pratique au fil du temps pour simplement produire un son sur l'instrument, sans parler d'un beau son. Par conséquent, cette période initiale d'apprentissage peut être extrêmement éprouvante, surtout si on la compare à d'autres instruments tels que le piano, sur lequel on peut produire un son en appuyant sur une touche. Les premières semaines de pratique peuvent même se passer de l'instrument. L'accent doit être mis sur la vibration des lèvres, puis sur le bourdonnement des lèvres sur l'embouchure afin de produire un son. Il est essentiel que l'élève comprenne que l'embouchure d'un joueur de cuivre est comme l'anche d'un joueur de bois et qu'elle doit devenir un centre de vibration efficace.
La méthode la plus courante pour introduire l'embouchure de la trompette est d'utiliser les syllabes "emm" suivies de "poo". Le son "emm" aide à créer l'union de base des lèvres et à raffermir les coins de la bouche. Le son "poo" permet au centre des lèvres de toucher et de localiser le centre de vibration. Pour compléter ces deux syllabes, il faut également rouler doucement les lèvres et aplatir le menton. Bien entendu, ces instructions verbales sont beaucoup plus efficaces lorsqu'elles sont accompagnées d'une image ou d'une représentation en direct de l'embouchure correctement formée. La figure 1 illustre une embouchure bien formée, et des ressources telles que Trumpet Pedagogy de David Hickman et The Art of Brass Playing de Phillip Farkas fournissent de nombreuses photos d'embouchures de trompettistes et de cuivristes professionnels. Les représentations photographiques sont extrêmement utiles aux étudiants pour mieux visualiser ce à quoi l'embouchure doit ressembler.

[img=https://lh5.googleusercontent.com/AsPVwKak4WtWcWji5W9aHFU4xEoSQQTy4b_e5vP_OITQ78ozryR5bjQw1776U2uA4NHHf6wl1VJmDQuqgKsCllCTA4eGSa_OP-m6vPxN31RZGc-EMPU30fn1N3VRRM2WO18Lw9G00Lox-MWjY5ub3xU]
Figure 1. Une embouchure de trompette bien formée.
Malgré les explications les mieux intentionnées, des instructions précises et des indications visuelles ne permettent pas toujours d'obtenir les résultats souhaités au niveau de l'embouchure. Dans ce cas, il existe de nombreuses stratégies de dépannage. Par exemple, l'utilisation d'une méthode d'explication plus tactile peut permettre à l'élève de "sentir" de plus près le placement correct des muscles. Demandez à l'élève de placer son index entre le centre des lèvres et l'avant des dents. Ensuite, resserrez les lèvres autour de l'index comme si vous "mordiez" le doigt avec les lèvres. Figez les muscles dans cette position, puis retirez l'index. La position qui en résulte est typiquement une embouchure bien formée (fig. 2).

[img=https://lh3.googleusercontent.com/28iPz0QeRSPdAv6_MIkO1TppFUxF_JO9aRabkjM7yRGSh4Jg-Tv7nGsZg5O5lYJNy4h9Op2rucPpJ-fiM183mcVfkWV2FuqAz-O2QzyyAWlKMU0dHoyxEvL3ijqePRlg_USSw-UcJatqzzgQs6eZncw]
Figure 2. Méthode tactile pour produire une embouchure de trompette débutante.
Une autre méthode essentielle pour résoudre les problèmes d'embouchure consiste à s'entraîner devant un miroir. Il est très fréquent que la perception mentale qu'a un élève du placement des muscles soit différente de ce qu'il fait réellement. Travailler avec un miroir permet d'aligner les sentiments sur les résultats visuels. L'élève doit comparer l'aspect de son embouchure dans le miroir avec une photo ou l'exemple d'un professeur, et ce de façon régulière, à chaque séance d'entraînement, pendant les premières années de son développement.
Enfin, il convient de noter quelques-unes des erreurs les plus courantes dans l'enseignement de l'embouchure de la trompette débutante. La première se produit lorsqu'il y a confusion entre une véritable vibration des lèvres et une sensation de crachement. Une embouchure qui crache amène souvent l'élève débutant à produire un son médiocre et indéfini. Il est essentiel de détecter ce phénomène chez les débutants, car il s'agit également d'un symptôme d'embouchure incorrecte. La production d'un son de crachat utilise les parties internes ou les parties charnues rouges des lèvres. Une embouchure correcte, en revanche, utilise la partie centrale des lèvres, juste avant qu'elles ne deviennent charnues et humides. Cette section des lèvres permet une vibration "propre" qui ne présente pas la tension d'une manœuvre de crachat.
Une deuxième erreur fréquente liée à la question du crachat et de la vibration est l'équilibre entre la tension et la souplesse de l'embouchure. Pour créer une vibration, il faut que les lèvres soient assez souples pour permettre à la vibration de se produire. Si le centre des lèvres est trop serré, il n'y a que peu ou pas de vibration. Ce concept est une source régulière de confusion pour les débutants. Généralement, un crachat se produit parce que l'élève serre trop les lèvres, ce qui empêche la vibration. Imaginez un élastique tenu aux deux extrémités, étiré au maximum (fig. 3, image du bas). Si l'on pince le milieu à cette tension élevée, l'élastique risque de se rompre. En revanche, si l'élastique n'est pas tendu aussi loin, le centre vibrera lorsqu'il sera pincé (figure 3, image du haut). Les extrémités fermement maintenues de l'élastique représentent la tension des coins de l'embouchure. Cette analogie démontre l'équilibre entre la tension et le relâchement nécessaire de l'embouchure.

[img=https://lh3.googleusercontent.com/s6XL3BrXxLzdnWUX9BSt3fHck06rfn2tZmb814CHaR-POmynBBBgT4E152Ug95sryiYS4Q4qMWasMCM30n6gPuGewCEEQTAHCTo7Iyb0XS8uPaS5TkRqYtNl1PvDqIHBVoEdtcus9JgvR-HuJimEPS8]
Figure 3. Utilisation d'un élastique pour illustrer la tension de l'embouchure. L'image du haut présente un niveau de tension précis, ce qui permet aux vibrations de se produire.
Tout comme le violoniste apprend à critiquer et à perfectionner sa tenue d'archet au fil des années de jeu et de pratique, le trompettiste accorde une attention particulière à l'embouchure tout au long de sa carrière. La vibration des lèvres se projette dans l'embouchure qui, à son tour, se projette dans la trompette, créant ainsi l'aspect le plus important de l'instrument : un son magnifique. Ces principes fondamentaux permettront aux plus jeunes étudiants de mettre en place une embouchure saine et de continuer à jouer de manière productive et passionnante pendant des années.

Dr. Sarah Herbert est professeur adjoint de trompette et de jazz à la Western Kentucky University. Plus récemment, elle s'est produite avec l'Orchestra Kentucky, le Gateway Chamber Orchestra, le Western Kentucky University Faculty Brass Quintet et l'Evansville Philharmonic. Mme Herbert est titulaire d'un doctorat en musique (trompette) du College-Conservatory de l'université de Cincinnati, d'une maîtrise en musique de l'université du Nouveau-Mexique et d'une licence en musique (trompette) de l'école de musique Jacobs de l'université de l'Indiana.
[img=https://lh6.googleusercontent.com/KLcsxmDij3bQwbgpNbPqA9mJ_T7FBr2vj7hUQc1KNXdbGulZlEmNCEicyzAJHInwWPw52Vz2NWJaMEJRDzDQylt6A_7-1jcY_OUx0b-F8qj4lu7yrI_kbaF3wnXRhacJ5WtGnFS6hVvO6tuYkfxWk8]
